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dimanche 30 août 2015

Le neurologue et écrivain Oliver Sacks est mort



Le neurologue Oliver Sacks, auteur du succès planétaire L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau, est mort dimanche chez lui à New York des suites d’un cancer, selon son assistante citée par le New York Times. Il avait 82 ans.
Le médecin britannique avait révélé en février dans une tribune dans le New York Times intitulée « Ma propre vie » qu’il souffrait d’un cancer en phase terminale. « Il y a un mois, je me sentais en bonne santé, en très bonne santé, même, écrivait le médecin âgé de 81 ans dans le quotidien américain. Mais ma chance a tourné. Il y a quelques semaines, j’ai appris que les métastases s’étaient multipliées dans mon foie. »
Il y a neuf ans, Oliver Sacks avait été soigné pour une forme rare de mélanome qui lui avait fait perdre l’usage d’un œil. « Je suis reconnaissant d’avoir pu vivre neuf ans en bonne santé depuis que le premier diagnostic a été établi, mais maintenant je vois la mort en face », expliquait-il avant de développer sa philosophie de vie. Avec sérénité, il expliquait se sentir « intensément vivant ». « Je dois maintenant choisir comment vivre les mois qu’il me reste. Je veux vivre de la façon la plus riche, la plus profonde, la plus prolifique qui soit », assurait-il.


Lire aussi : Oliver Sacks, le voyant


Le mur anti-migrants achevé entre la Hongrie et la Serbie

Mur Hongrie-Serbie
La Hongrie a achevé samedi 29 août la pose de la clôture de fils de fer barbelés destinée à empêcher  l’entrée des milliers de migrants qui se pressent à sa frontière avec la Serbie.
« La première partie de la clôture frontalière a été achevée deux jours avant la date fixée au 31 août », a indiqué le ministère de la défense. Une palissade de quatre mètres de haut doit ensuite être construite sur les 175 kilomètres de frontière, fermée le 17 juin par les autorités hongroises.
Une famille de migrants se faufile sous la clôture de barbelés installée à la frontière entre la Serbie et la Hongrie, le 28 août.
Une famille de migrants se faufile sous la clôture de barbelés installée à la frontière entre la Serbie et la Hongrie, le 28 août. ATTILA KISBENEDEK / AFP

jeudi 27 août 2015

La France fait la chasse au gaspillage alimentaire

Les distributeurs ont signé jeudi 27 août une convention interdisant la destruction d’invendus consommables.
De gré ou de force, la grande distribution va devoir s’engager davantage dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. La ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a décidé de « mettre la pression » sur cette filière, dont elle a convoqué les représentants jeudi 27 août dans l’après-midi. Il s’agit, explique-t-elle, de mettre fin à un « fléau insupportable ». D’ores et déjà, les groupes Auchan, Carrefour et Casino (enseignes Géant, Franprix, Monoprix, Leader Price…) ont annoncé, à la veille de cette réunion, qu’ils signeraient la « convention d’engagements » proposée par la ministre.
L’ampleur du gâchis alimentaire appelle à réagir. Selon le rapport de Guillaume Garot, député PS de la Mayenne et ancien ministre délégué à l’agroalimentaire, remis en avril au gouvernement, entre 90 et 140 kg de nourriture par habitant sont perdus chaque année sur l’ensemble de la chaîne (de la production à la consommation), chaque Français jetant lui-même à la poubelle entre 20 et 30 kg de denrées, dont 7 encore emballées. Soit une perte économique évaluée entre 12 et 20 milliards d’euros par an.

Plusieurs dizaines de migrants retrouvés morts en Autriche

La police scientifique enquêtait après la découverte de migrants morts dans un camion arrêté au bord d'une autoroute autrichienne, jeudi 27 août.
Entre vingt et cinquante cadavres ont été découverts dans un camion garé au bord d’une autoroute en Autriche, près de la frontière avec la Hongrie. Les victimes seraient mortes asphyxiées et le chauffeur aurait pris la fuite. L’impossibilité d’établir un bilan exact s’explique, selon la police autrichienne, par le fait que les victimes étaient mortes depuis un certain temps et que certains cadavres étaient déjà partiellement décomposés. Des journalistes sur place évoquent « une terrible odeur de mort » aux alentours.
Le camion, immatriculé en Hongrie, aurait été abandonné mercredi en bordure d’autoroute au niveau de la ville de Parndorf, avec la porte arrière laissée ouverte. L’état de décomposition des corps rendra l’identification des victimes difficile et pourrait compliquer la tâche de la police pour en établir le nombre exact.
Le gouvernement hongrois a déclaré que les plaques d’immatriculation étaient enregistrées au nom d’un Roumain habitant la ville de Kecskemet. La police va se joindre à l’enquête pour retrouver le conducteur.

mercredi 26 août 2015

Programmes, vacances avancées, évaluations... ce qui va changer à la rentrée scolaire

De nouveaux programmes de maternelle, la création de l’enseignement moral et civique, la généralisation de la réforme de l’éducation prioritaire et le déplacement des vacances de printemps pour servir les intérêts du secteur du tourisme, sont les principales nouveautés de la rentrée 2015.
  • Moins de pression en grande section de maternelle
La maternelle devient un cycle à part entière et non plus seulement un tremplin pour l’école élémentaire, avec une grande section qui n’est plus un « petit CP », pression précoce qui plaçait certains élèves en échec. Plutôt que d’apprendre aux élèves à compter très loin, on s’assurera d’abord qu’ils comprennent bien le sens des nombres, fussent-ils plus petits. Ces nouveaux programmes, qui insistent sur le langage, la socialisation et le jeu, sont bien accueillis sur le papier, mais le premier syndicat du primaire craint qu’ils restent lettre morte faute de formation des enseignants.
  • Une heure de « morale laïque » en élémentaire
La « morale laïque » promise en 2012 par l’ancien ministre Vincent Peillon sera enseignée une heure par semaine à l’école élémentaire, et deux heures par mois dans le secondaire. Cet enseignement, qui doit promouvoir les valeurs de la République, s’inscrit dans un « parcours citoyen » décidé après les attentats de janvier à Paris, qui comprend aussi une éducation aux médias. Les syndicats ont demandé sans succès un report à la rentrée 2016, jugeant ces programmes inaboutis : ils n’ont été publiés que fin juin et les manuels ne seront prêts qu’à la rentrée 2016, compliquant l’élaboration des cours.
  • Refonte des zones d’éducation prioritaire (ZEP)
La réforme de l’éducation prioritaire, qui scolarise 20 % des écoliers et des collégiens, est généralisée, avec 1 089 réseaux d’éducation prioritaire (REP, collèges et écoles de leur secteur), dont 350 réseaux renforcés (REP+) dans les établissements les plus difficiles. Etre en REP permet d’avoir des ressources spécifiques : classes réduites, travail en petits groupes, pédagogies innovantes, indemnités rehaussées pour les enseignants, scolarisation des tout-petits…
  • Les CE2 évalués
Une évaluation « diagnostique » des écoliers en français et en mathématiques est créée en début de CE2. Il s’agit de doter les professeurs des écoles d’outils pour repérer les difficultés de leurs élèves pour y apporter une réponse adaptée. Chaque enseignant pourra construire son évaluation en piochant dans une banque d’outils.
  • Mise en place du « parcours avenir »
De la sixième à la terminale, les élèves seront formés à leur orientation à travers un « parcours avenir » construit dans chaque établissement. Parmi les modalités possibles, visites d’entreprise, stages, participation à des conférences, reportages sur des métiers, interventions de professionnels dans les classes
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/campus/article/2015/08/25/rentree-scolaire-2015-ce-qui-va-changer_4736423_4401467.html#W35ElVTk1zm0hWLS.99

Le « migrant », nouveau visage de l’imaginaire français

A Calais, le 20 août.
Les mots sont importants. Particulièrement dans les périodes de crise et de doute. C’est la conviction du journaliste en ligne Barry Malone, de la chaîne Al-Jazira, quand il lance son appel intitulé « Ne les appelez plus migrants », le 20 août, sur son blog. Ce jour-là, il demande aux médias de ne plus utiliser ce terme pour désigner les milliers de personnes qui fuient les frontières syriennes ou érythréennes, expliquant que le mot avait une connotation « dépréciative » et « péjorative ». En l’employant, les médias « participent à la création d’une ambiance délétère », écrit-il, ajoutant : « Parler de migrants, c’est refuser d’écouter la voix de ceux souffrent. » Le directeur des informations de la chaîne qatarie annonce le même jour qu’il remplacera le qualificatif par le mot « réfugié » (refugee).
Le texte a eu un écho inattendu dans les médias, notamment anglo-saxons, et sur les réseaux sociaux, ajoutant une dimension sémantique aux débats en cours sur la question migratoire. Lundi 24 août, la journaliste Lindsey Hilsum, spécialiste des questions internationales sur la chaîne britannique Channel 4, prend à son tour position et annonce qu’elle s’emploiera désormais à parler de « réfugiés » ou de « gens » (people). Dans la foulée, la BBC et le Washington Post s’emparent de la question. La page Facebook d’Al-Jazira reçoit en quelques jours plus de 50 000 encouragements.

dimanche 16 août 2015

Tianjin : les autorités chinoises confirment la présence de centaines de tonnes de cyanure

Une victime de l'explosion quitte sa maison d'un secteur résidentiel proche de l'entrepôt, samedi 15 août.
Une victime de l'explosion quitte sa maison d'un secteur résidentiel proche de l'entrepôt, samedi 15 août. STR / AFP
Les autorités chinoises ont confirmé pour la première fois la présence de cyanure en grandes quantités, dans l’entrepôt de la métropole portuaire de Tianjin, dans l’est de la Chine, où deux puissantes déflagrations sont survenues mercredi. La catastrophe a fait 112 morts, selon le dernier bilan officiel, dont 21 pompiers, qui luttent encore contre les flammes. Quatre-vingt-quinze personnes sont portées disparues, pour la plupart des pompiers, selon l’agence Xinhua.
D’après les estimations préliminaires, plusieurs centaines de tonnes de ce matériau hautement toxique y étaient entreposées en deux points du site, a précisé le général Shi Luze, chef d’état-major de la région militaire de Pékin. Le général Shi n’a pas précisé de quel type de cyanure il s’agissait mais les médias chinois avaient parlé auparavant de la présence de 700 tonnes de cyanure de sodium, un composant chimique très toxique en cas d’inhalation, d’ingestion ou de contact avec la peau.
Selon Beijing News, des policiers armés ont commencé samedi à évacuer la population dans un rayon de trois kilomètres autour du site à la suite de cette découverte. Environ 6 300 personnes ont été évacuées depuis mercredi, a précisé l’agence Chine nouvelle.

jeudi 13 août 2015

« J’essaie tous les jours de passer en Angleterre »


Calais : "Si quelqu'un veut aller quelque part... por lemondefr
Elles se sont installées sur des bancs, devant le Grand Théâtre de Calais, le regard hagard. Soudain, leur visage s’illumine. Elles font de grands gestes en direction d’une camionnette. Un bénévole associatif est venu chercher ces trois Erythréennes pour leur éviter de marcher jusqu’au camp de la « jungle », à sept kilomètres de là. Elles sont exténuées, après avoir essayé toute la nuit de rejoindre l’Angleterre par le tunnel sous la Manche, comme plusieurs centaines de migrants qui tentent leur chance chaque jour.
Pour faire face à des tentatives d’intrusions sans précédent – Eurotunnel évoquait mercredi 29 juillet une « explosion du nombre de migrants » et « 37 000 » interpellations depuis le 1er janvier –, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a envoyé deux unités mobiles en renfort. Mercredi matin, un migrant a été « retrouvé sur la chaussée, dans une bretelle qui partait du tunnel, a précisé le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer, Jean-Pierre Valensi. Tout porte à croire qu’il est tombé du camion et rien ne permet de dire qu’il a été renversé ». Sa nationalité n’a pas été confirmée. Ce nouveau décès porte à neuf le nombre de morts recensés depuis le début du mois de juin.
Des migrants interpellés par la police dans la zone du tunnel, à Calais, jeudi 30 juillet.
Des migrants interpellés par la police dans la zone du tunnel, à Calais. Thibault Camus / AP

Depuis cette nuit, la Terre vit sur ses réserves

Menacé par le désert qui a colonisé plus de deux tiers de son territoire, le Niger favorise sa production de gaz pour freiner la coupe de bois illégale, qui est actuellement le principal combustible utilisé par ses habitants.
Menacé par le désert qui a colonisé plus de deux tiers de son territoire, le Niger favorise sa production de gaz pour freiner la coupe de bois illégale, qui est actuellement le principal combustible utilisé par ses habitants. ISSOUF SANOGO / AFP
L’humanité vit désormais au-dessus de ses moyens. En moins de huit mois, elle a déjà consommé toutes les ressources naturelles renouvelables que la planète peut produire en un an. L’organisation non gouvernementale Global Footprint Network réalise ce calcul depuis une vingtaine d’années. Grâce à des données fournies par les Nations unies, elle compare l’empreinte écologique, qui mesure l’exploitation des ressources naturelles de la Terre par l’homme, avec la biocapacité de la planète, c’est-à-dire sa capacité à régénérer ses ressources et absorber les déchets, comme les émissions de gaz à effet de serre. L’ONG détermine ainsi le jour de l’année où l’empreinte écologique dépasse la biocapacité. Pour 2015, ce « jour de dépassement » est le 13 août.
Toujours plus précoce, cette date avance de trois jours par an, en moyenne, depuis 1970. En 2005, elle tombait début septembre et en 1975, fin novembre. « Même si notre calcul est approximatif, il montre que le dépassement est très élevé. Et que l’humanité continue d’accroître sa consommation de ressources, alors qu’elle vit déjà à crédit », s’inquiète Mathis Wackernagel, fondateur de l’ONG et cocréateur du modèle de calcul. A partir du « jour de dépassement », l’humanité creuse sa dette écologique. Une dette dont la planète et ses habitants paient déjà le prix : déforestation, baisse des réserves d’eau, épuisement des ressources aquatiques, accumulation de déchets et de gaz à effet de serre…
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dimanche 2 août 2015

Vives tensions en Cisjordanie après la mort d’un bébé brûlé vif

Affrontements en marge des funérailles de Laith Khaldi, 16 ans, touché mortellement par une balle de l’armée israélienne, vendredi.
Affrontements en marge des funérailles de Laith Khaldi, 16 ans, touché mortellement par une balle de l’armée israélienne, vendredi. JAAFAR ASHTIYEH / AFP
Des échauffourées entre Palestiniens et armée et colons israéliens secouaient samedi 1er août la Cisjordanie occupée au lendemain d’une journée meurtrière marquée par la mort de trois jeunes Palestiniens, dont un bébé brûlé vif par des extrémistes juifs.
Les funérailles d’une des trois victimes, Laith Khaldi, 16 ans, touché mortellement par une balle de l’armée israélienne, ont dégénéré samedi après-midi. Des dizaines de jeunes du camp de Jalazoun, en bordure de Ramallah, ont jeté des pierres sur des soldats qui répliquaient à coups de grenades lacrymogènes et assourdissantes et de tirs de balles de caoutchouc. Le calme était cependant revenu à Jérusalem, écrasée sous un soleil de plomb, après une nuit émaillée de heurts qui ont fait une dizaine de blessés palestiniens.
Ce nouveau cycle de violences a débuté vendredi à l’aube, lorsque des hommes masqués ont lancé des cocktails Molotov par la fenêtre de la maison de la famille Dawabshah, dans un village palestinien du nord de la Cisjordanie occupée. Ali, 18 mois, est mort brûlé vif. Ses deux parents, Saad et Riham, et son frère, Ahmed, quatre ans, sont entre la vie et la mort. Saad Dawabshah, brûlé au troisième degré sur 90 % du corps, est dans « un état critique », a indiqué l’hôpital israélien de Beer-Sheva. Son épouse et son fils sont « dans un état très grave et leurs vies sont en danger », selon l’hôpital Tel Hashomer de Tel-Aviv.